lundi 4 janvier 2016

Partir quand on est déjà heureux

Cette première publication ne ressemble pas à ce que j’avais en tête pour débuter ce blogue. Je prévoyais offrir des images heureuses de mes enfants déambulant dans l’aéroport, revoyant leurs grands-parents costariciens, s’amusant à la plage… 

Mais avant d’arriver à ces étapes heureuses, il y a la préparation au départ. 

Cette préparation, elle est entamée depuis le mois d’août, moment où nous avons décidé de partir à l’aventure. Partir sans planifier. Partir en sachant qu’on allait beaucoup bouger et vivre de nouvelles expériences. Partir sans savoir quand nous allions revenir. 

Depuis le mois d’août, je planifie la vente de tous nos biens, puisque nous ne voulons pas entreposer nos possessions, nous ne voulons pas d’attaches matérielles. Cette planification est longue et compliquée, mais j’y suis bien arrivée. Nous donnons aussi plusieurs meubles, jeux et vêtements pour les Syriens qui s’installent dans notre région. Eux aussi vivent un nouveau départ et il est plus stressant que le mien alors je pense à eux.

Depuis des semaines, nous voyons nos amis et notre famille en sachant que chaque fois peut être la dernière. Je suis consciente que les liens ne seront pas brisés, que les technologies nous garderont en contact, et surtout, que le jour où nous remettrons les pieds dans leurs maisons, la chimie sera au rendez-vous. Mais il n’en demeure pas moins que c’est extrêmement difficile d’imaginer mon quotidien sans leur présence. 

Ma famille est très unie. Nous nous respectons, nous nous aimons et nous nous côtoyons très régulièrement. Nous partageons de nombreuses valeurs et les enfants s’épanouissent ensemble. C’est une famille merveilleuse que j’ai et ça me brise le cœur de m’en éloigner. 

Mais je ne peux imaginer ma vie en la vivant simplement ici, dans le confort du connu.

Mes amis sont tout aussi précieux. J’ai de belles conversations, de beaux échanges et une vraie communion avec plusieurs d’entre eux. Nous ne vivons pas tous nos vies de la même façon, mais la confiance est totale et le respect toujours présent. Je suis consciente que ce sont des cadeaux qui ont une très grande valeur et que mes amis me manqueront cruellement certains jours.

Mes enfants ont des liens très intenses avec certains amis, et je me trouve parfois cruelle de les briser, de leur demander de s’en passer, le temps d’explorer le monde et de leur permettre de se découvrir eux-mêmes. Hier, ils ont dit adieux à des amis qu’ils ont depuis leur naissance, les enfants de mon amie d’enfance. Depuis, je suis tellement attristée que même mon corps réagit. Mon dos est bloqué, je refuse d’avancer, j’hésite… 

Je dois me forcer à nous imaginer dans notre quotidien qui s’en vient, à nous voir heureux pour continuer de préparer notre départ. Malgré le bonheur intense qui nous attend, j’hésite à y plonger. Je me dis parfois que notre bonheur tranquille est parfait lui aussi. 

Faire du mal aux autres (en s’éloignant) pour être encore plus heureux est égoïste et je vis mal avec ça. Je ne crois pas être essentielle au bonheur quotidien de mes amis, mais je sais que je leur cause de la tristesse en partant, tout comme j’en cause à mes enfants. C’est pénible et difficile à vivre, mais j’ose croire que c’est une expérience de croissance qui leur servira dans la vie. J’ai besoin d’y croire…

11 commentaires:

  1. En tout cas, nous, ON Y CROIT GEN! Ne doute pas, c'est merveilleux que ce que vous allez offrir à vos enfants :)
    Une grosse bise en espérant vous (re)voir bientôt... Caroline (de France) en pleine planification d'une nouvelle aventure pour nous aussi ;)

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  2. Je comprends tellement ce que tu vis! Il y a un mois que nous quittions nos repères québécois pour vagabonder sur la route et j'ai encore ce sentiment de perte ou de tristesse parfois. Un nouveau départ comporte son lot de petits deuils. Comme toi, ils sont rarement matériels bien que nous ayons toutes nos possessions dans un petit motorisé de 22 pieds. Comme toi, ce sont les relations qui nous manquent. Les enfants parlent souvent de leurs amies, qu'ils connaissent aussi depuis leur naissance : nos anciennes voisines. Lorsqu'ils ont compris que nous ne redeviendront pas leur voisin (la maison est vendue), ils ont eu un choc.
    Les découvertes que nous faisons au jour le jour nous apportent aussi beaucoup. Autre chose. Nos petits deuils deviendront peu à peu de bons souvenirs.
    Bon début de voyage!

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  3. Je vous souhaite bon succès dans cette belle grande aventure. L'an dernier, nous sommes partis pour une année autour du monde en famille. Nous connaissions notre date de retour et comment la vie allait reprendre son cours après le long voyage. J'ai peine à imaginer ce que c'est de quitter famille et amis sans savoir quand on va se revoir. Je salue votre courage. J'espère que vous trouverez des conseils sur notre blogue au www.voyageravecenfants.com.

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  4. Bon courage Geneviève! Chacun sa route. C'est un beau projet, je suis certaine que vous apprendrez beaucoup. Je vous souhaite la santé et beaucoup de lumière dans vos coeurs.
    bisoux

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  5. Bonne chance Geneviève. Je souhaite que tout le long de votre chemin, les expériences (bonnes ou mauvaises)que vous allez vivre soient à la hauteur.

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  6. Oh, c'est le moment le plus difficile. Le moment où on regarde en bas de la falaise juste avant de sauter, le coeur dans la gorge, qui bat la chamade, d'excitation et de peur, de doute et d'exaltation. C'est le moment où on ne sait plus si nos ailes vont nous soutenir... Je le connais bien ce sentiment. Et je sais que tu sais que ça va passer et que vous vous envolerez gaiement vers de belles aventures, tout en restant connecté avec votre beau monde... et que vous tisserez de magnifiques liens au fil des voyages... Bons vents, les amis!

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  7. Le plus dur est déjà fait... Cest d'être dur la ligne du départ.

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  8. Continue d'y croire belle Geneviève ! Ils ont choisi eu aussi de vivre ces émotions déchirantes car ils vous ont choisi comme parents, parents globe-trotters, parents voyageurs et parents de coeur. Je pense à vous et profitez de chaque instant. Bisous à tous xxx

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  9. Ce sera difficile, surtout les premiers mois, mais je pense que le temps vous aidera à confirmer vos choix. Bonne route, je suivrai vos aventures!

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  10. Merci Geneviève de ce partage. Je te souhaite de partir l'esprit en paix et de retrouver ton dos le plus rapidement possible. Je me dis que le soleil, le ciel, la chaleur et la chaleur humaine sauront vite te faire reprendre contact avec vos motivations premières. J'ai très hâte de te lire et de partager votre quotidien à travers ce blogue, tes écrits et photos. Bonne route. Affectueusement Denis xx

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  11. Quel touchant texte Geneviève! Moi je trouve que ça prend du courage pour vivre ses rêves, ses idéaux, d'autant plus s'ils sont en marge de ce qui est prévu ou vécu par la plupart d'entre nous. Et du courage et de l'énergie tu (enfin vous,toi Alex) en avez...et de l'énergie aussi pour mener tous vos projets! Et la vie c'est comme ça, souvent. Choisir un truc c'est un peu aussi mourir à un autre. Mais l'amitié elle, ne meurt pas. Malgré la distance. J'en suis persuadée. Tu as de magnifiques enfants, un amoureux qui partage tes projets et envies et vous vous offrez à vous deux, à vos enfants, quelque chose d'irremplaçable, soit de riches expériences qui peupleront leurs souvenirs et forgeront leur personnalité de manière unique. Moi en tout cas, même si je suis une grande sédentaire, je vous envie et je suivrai vos aventures depuis mon petit bonheur tranquille :-) Je vous embrasse tous et je vous souhaite de partir le coeur léger et de vivre de folles et belles aventures et plein de chaleureuses rencontres. Mais lâchez-nous un p'tit courriel quand vous passerez dans le coin. On est pas sorteux :-P

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