Il y a souvent deux façons de voir les choses. Je vous
présente aujourd’hui un périple que nous avons vécu le 29 février dernier, sous
deux angles différents. Deux versions de la même situation parce que j’ai
oscillé entre ces deux versions tout au long du périple…
Version rose
Après avoir vécu dans notre maison de San Juan del Sur
(Nicaragua), notre belle grande piscine, notre plage aux vagues régulières et avec
nos bons voisins, nous avons pris la route samedi soir à 23h; direction la
capitale. Pour nous y rendre, on remplit complètement un véhicule 7 passager,
sièges, coffre et toit compris. Un gentil chauffeur, Allan, nous conduit à
Managua où nous prendrons l’autobus à 3am.
Ce sont bien sûr de drôles d’heures pour voyager, mais comme
nous avons décidé de nous rendre au Guatemala directement, en autobus, c’est
l’horaire qui nous est offert.
Les enfants ont été parfaits. Les gars ont dormi dans le
taxi nous menant à Managua, puis tout le monde a été de bonne humeur pendant
l’attente au terminal d’autobus, qui a tout de même duré 2 heures, dehors, à
attendre de pouvoir prendre nos sièges.
Nous avons eu le bonheur de voir défiler sous nos yeux
quatre pays en moins de 19 heures. Nous avons en effet traversé le Nicaragua,
le Honduras, le Salvador et le Guatemala.
À notre arrivée à Guatemala City, un autre transport nous
attendait pour nous conduire à une maison que nous avons louée pour 2 jours
près d’Antigua.
La version CRUE maintenant…
Bon, la partie parlant de notre départ de San Juan del Sur,
le transport et l’attente à Managua, est la même.
Avant d’entrer dans l’autobus, nous étions un peu inquiets
des autres passagers. Certains ont choisi d’attendre l’heure du départ en
fêtant et en buvant (et pas des jeunes ;-)). Les enfants avaient un peu peur
qu’ils continuent la fête dans l’autobus. Puis, il y avait toute l’équipe
nationale de Karaté du Guatemala qui revenait d’une compétition internationale
au Nicaragua. Une dame nous a dépassés dans la file, ce qui n’a fait qu’aiguiser
l’agressivité latente de ma grande fille.
Une fois montés à bord, on réalise qu’on nous a assigné les
sièges du fond de l’autobus, juste à côté des toilettes! Pour le départ, ça va,
mais au bout de 19 heures, ça risquait de sentir mauvais!
Finalement, ce n’est
pas le pire côté d’être assis en arrière. Le plus grave inconvénient est que
l’autobus bouge, balance, saute beaucoup plus de cet endroit. Chaque fois que
je fermais les yeux, je devais m’imaginer que je me berçais dans une chaise
berçante, mais qui berçait latéralement, afin de survivre et dormir. Est-ce que
j’ai spécifié que j’ai facilement mal au cœur en voiture? Horrible, vraiment
les pires moments de ma vie je crois… Et je n’étais pas la seule à souffrir.
Akim, après avoir joué un peu sur son iPad (la pire idée du voyage que de
croire que les électroniques nous feraient passer le temps), a vomi une
première fois son déjeuner (qui n’était qu’une barre tendre). Alex me lance son
seul chandail chaud, je lave le pire et Alex prend ma place pendant que je vais
avertir « l’hôtesse de terre ». Elle nous aide, mais, surprise, nous demande 5$ pour avoir sali un coussin!!!
Bon, il y a pire… L’avantage dans cet inconvénient est qu’Alex a pris ma place
et que je me sentais un peu mieux deux bancs devant avec Mika. Akim a vomi une
deuxième fois après le diner mais nous n’avons pas été chercher la gentille
dame cette fois ;-)
Parlant d’inconfort, avez-vous déjà utilisé les toilettes
des avions? Inconfortables vous croyez? Et bien ce sont des 4 étoiles à
comparer à celles de l’autobus. Pour être honnête, il n’y a rien qu’ils peuvent
améliorer; elles sont propres, les genoux ne cognent pas contre le mur, il y a
de l’eau, du papier et du savon. Le problème, c’est qu’elles sont dans
l’autobus! Et que l’autobus bouge. Et qu’un autobus qui bouge, ça brasse 1000
fois plus qu’un avion. En plus, l’air climatisé ne se rend pas là, il fait donc
40 degrés et on doit se dépêcher pour ne pas mourir. Et devinez qui a pensé que
c’était l’occasion parfaite pour être dans la journée la plus intense de ses
règles ;-)
Autre inconvénient à traverser quatre pays en une journée…
traverser 3 frontières dans la même journée. Les procédures diffèrent d’un pays
à l’autre, mais ça implique parfois de sortir de l’autobus et d’attendre une
heure afin que tous les passeports soient vérifiés, parfois on attend dans
l’autobus, on laisse passer un chien entraîné à trouver des substances
illicites et on s’étonne quand un douanier vient directement demander les
papiers à son mari (finalement, il doutait que les 4 enfants soient les
nôtres). Ça implique aussi de sortir nos bagages pour les faire vérifier, tout
en nous assurant que les douaniers ne glissent rien d’illégal dans nos bagages
(sur recommandation de nos compagnons de voyage). Et il ne faut pas oublier
qu’en traversant une frontière, on a une procédure à suivre pour sortir du
pays, et une autre pour entrer dans le nouveau pays (on parle de 200 mètres de
distance entre les deux procédures). Bref, c’est plutôt stressant.
Un changement d’autobus était prévu au Salvador. Nous semblions
respecter l’horaire prévu et je rêvais de marcher un peu en changeant
d’autobus. J’ai dû oublier ça, car nous avons eu un accident. Une voiture nous
a dépassés, mais n’a pas eu complètement le temps de rentrer devant l’autobus;
BANG! L’hôtesse de terre s’est rapidement retrouvée devant (elle était debout
derrière), Akim a glissé sous le siège devant lui (il dormait) et nous nous
sommes tous réveillés par le crissement de pneus. Heureusement, personne n’a
été blessé, nous avons attendu sur place 30 minutes et avons continué notre
route.
Quand je demande aux enfants ce qu’ils ont remarqué lors du
voyage, Éliane ne me parle que de la tonne de poubelles qu’il y avait partout
sur le bord de la route et Lou me demande si un jour on va visiter des pays qui
ne sont pas pauvres…
Autre point à noter; j’aurais dû apporter les manteaux
d’hiver et les tuques pour la nuit en autobus. L’air climatisé n’a qu’un
réglage. Au plein soleil de midi, c’est un peu chaud, mais en pleine nuit,
c’est horriblement froid. Je le savais et nous avions tous nos polars, mais ce
n’était pas suffisant. J’enviais ceux qui avaient des tuques!
Fait cocasse. Lors de la dernière section du voyage,
l’hôtesse de terre (j’aime mon terme) a mis un film. En voyant le titre,
j’avais des doutes que ce n’était pas pour les enfants (et ils nous avaient changés
de place, nous étions enfin devant). Nous avons regardé le début du film, qui
était stressant, mais sans plus. Jusqu’à ce que les zombies sortent de partout
et que la musique soit horrible! J’oblige alors les enfants, en vitesse, à
mettre de la musique sur leurs oreilles et à ne plus regarder (sauf pour Lou
qui rêve du jour où il pourra regarder des films de peur). De son côté, Alex a
demandé à ce que le film soit arrêté (il a du culot, nous avions les seuls
enfants dans l’autobus), ce qui a été fait, et hué par les jeunes de l’autobus.
Elle a remplacé le film par « Free Willy », j’étais gênée du
changement… mais tout le monde a accepté et les parents ont pu dormir pendant
que les enfants regardaient le film.
Je dois ici mentionner que des liens se forment dans un si
long voyage. Nos voisins passagers, qui avaient bu, on bien dormi! Et ils
étaient d’excellents conseillers pour toutes nos questions. L’équipe de Karaté
était inspirante à regarder et leur coach un excellent gaillard.




Wow! Quelle aventure!!
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