dimanche 6 mars 2016

Deux façons de voir un voyage

Il y a souvent deux façons de voir les choses. Je vous présente aujourd’hui un périple que nous avons vécu le 29 février dernier, sous deux angles différents. Deux versions de la même situation parce que j’ai oscillé entre ces deux versions tout au long du périple…



Version rose
Après avoir vécu dans notre maison de San Juan del Sur (Nicaragua), notre belle grande piscine, notre plage aux vagues régulières et avec nos bons voisins, nous avons pris la route samedi soir à 23h; direction la capitale. Pour nous y rendre, on remplit complètement un véhicule 7 passager, sièges, coffre et toit compris. Un gentil chauffeur, Allan, nous conduit à Managua où nous prendrons l’autobus à 3am.

Ce sont bien sûr de drôles d’heures pour voyager, mais comme nous avons décidé de nous rendre au Guatemala directement, en autobus, c’est l’horaire qui nous est offert.

Les enfants ont été parfaits. Les gars ont dormi dans le taxi nous menant à Managua, puis tout le monde a été de bonne humeur pendant l’attente au terminal d’autobus, qui a tout de même duré 2 heures, dehors, à attendre de pouvoir prendre nos sièges.

Nous avons eu le bonheur de voir défiler sous nos yeux quatre pays en moins de 19 heures. Nous avons en effet traversé le Nicaragua, le Honduras, le Salvador et le Guatemala.

À notre arrivée à Guatemala City, un autre transport nous attendait pour nous conduire à une maison que nous avons louée pour 2 jours près d’Antigua.



La version CRUE maintenant…
Bon, la partie parlant de notre départ de San Juan del Sur, le transport et l’attente à Managua, est la même.


Avant d’entrer dans l’autobus, nous étions un peu inquiets des autres passagers. Certains ont choisi d’attendre l’heure du départ en fêtant et en buvant (et pas des jeunes ;-)). Les enfants avaient un peu peur qu’ils continuent la fête dans l’autobus. Puis, il y avait toute l’équipe nationale de Karaté du Guatemala qui revenait d’une compétition internationale au Nicaragua. Une dame nous a dépassés dans la file, ce qui n’a fait qu’aiguiser l’agressivité latente de ma grande fille.

Une fois montés à bord, on réalise qu’on nous a assigné les sièges du fond de l’autobus, juste à côté des toilettes! Pour le départ, ça va, mais au bout de 19 heures, ça risquait de sentir mauvais! 

Finalement, ce n’est pas le pire côté d’être assis en arrière. Le plus grave inconvénient est que l’autobus bouge, balance, saute beaucoup plus de cet endroit. Chaque fois que je fermais les yeux, je devais m’imaginer que je me berçais dans une chaise berçante, mais qui berçait latéralement, afin de survivre et dormir. Est-ce que j’ai spécifié que j’ai facilement mal au cœur en voiture? Horrible, vraiment les pires moments de ma vie je crois… Et je n’étais pas la seule à souffrir. Akim, après avoir joué un peu sur son iPad (la pire idée du voyage que de croire que les électroniques nous feraient passer le temps), a vomi une première fois son déjeuner (qui n’était qu’une barre tendre). Alex me lance son seul chandail chaud, je lave le pire et Alex prend ma place pendant que je vais avertir « l’hôtesse de terre ». Elle nous aide, mais, surprise,  nous demande 5$ pour avoir sali un coussin!!! Bon, il y a pire… L’avantage dans cet inconvénient est qu’Alex a pris ma place et que je me sentais un peu mieux deux bancs devant avec Mika. Akim a vomi une deuxième fois après le diner mais nous n’avons pas été chercher la gentille dame cette fois ;-)

Parlant d’inconfort, avez-vous déjà utilisé les toilettes des avions? Inconfortables vous croyez? Et bien ce sont des 4 étoiles à comparer à celles de l’autobus. Pour être honnête, il n’y a rien qu’ils peuvent améliorer; elles sont propres, les genoux ne cognent pas contre le mur, il y a de l’eau, du papier et du savon. Le problème, c’est qu’elles sont dans l’autobus! Et que l’autobus bouge. Et qu’un autobus qui bouge, ça brasse 1000 fois plus qu’un avion. En plus, l’air climatisé ne se rend pas là, il fait donc 40 degrés et on doit se dépêcher pour ne pas mourir. Et devinez qui a pensé que c’était l’occasion parfaite pour être dans la journée la plus intense de ses règles ;-)

Autre inconvénient à traverser quatre pays en une journée… traverser 3 frontières dans la même journée. Les procédures diffèrent d’un pays à l’autre, mais ça implique parfois de sortir de l’autobus et d’attendre une heure afin que tous les passeports soient vérifiés, parfois on attend dans l’autobus, on laisse passer un chien entraîné à trouver des substances illicites et on s’étonne quand un douanier vient directement demander les papiers à son mari (finalement, il doutait que les 4 enfants soient les nôtres). Ça implique aussi de sortir nos bagages pour les faire vérifier, tout en nous assurant que les douaniers ne glissent rien d’illégal dans nos bagages (sur recommandation de nos compagnons de voyage). Et il ne faut pas oublier qu’en traversant une frontière, on a une procédure à suivre pour sortir du pays, et une autre pour entrer dans le nouveau pays (on parle de 200 mètres de distance entre les deux procédures). Bref, c’est plutôt stressant.

Un changement d’autobus était prévu au Salvador. Nous semblions respecter l’horaire prévu et je rêvais de marcher un peu en changeant d’autobus. J’ai dû oublier ça, car nous avons eu un accident. Une voiture nous a dépassés, mais n’a pas eu complètement le temps de rentrer devant l’autobus; BANG! L’hôtesse de terre s’est rapidement retrouvée devant (elle était debout derrière), Akim a glissé sous le siège devant lui (il dormait) et nous nous sommes tous réveillés par le crissement de pneus. Heureusement, personne n’a été blessé, nous avons attendu sur place 30 minutes et avons continué notre route.

Quand je demande aux enfants ce qu’ils ont remarqué lors du voyage, Éliane ne me parle que de la tonne de poubelles qu’il y avait partout sur le bord de la route et Lou me demande si un jour on va visiter des pays qui ne sont pas pauvres…

Autre point à noter; j’aurais dû apporter les manteaux d’hiver et les tuques pour la nuit en autobus. L’air climatisé n’a qu’un réglage. Au plein soleil de midi, c’est un peu chaud, mais en pleine nuit, c’est horriblement froid. Je le savais et nous avions tous nos polars, mais ce n’était pas suffisant. J’enviais ceux qui avaient des tuques!

Fait cocasse. Lors de la dernière section du voyage, l’hôtesse de terre (j’aime mon terme) a mis un film. En voyant le titre, j’avais des doutes que ce n’était pas pour les enfants (et ils nous avaient changés de place, nous étions enfin devant). Nous avons regardé le début du film, qui était stressant, mais sans plus. Jusqu’à ce que les zombies sortent de partout et que la musique soit horrible! J’oblige alors les enfants, en vitesse, à mettre de la musique sur leurs oreilles et à ne plus regarder (sauf pour Lou qui rêve du jour où il pourra regarder des films de peur). De son côté, Alex a demandé à ce que le film soit arrêté (il a du culot, nous avions les seuls enfants dans l’autobus), ce qui a été fait, et hué par les jeunes de l’autobus. Elle a remplacé le film par « Free Willy », j’étais gênée du changement… mais tout le monde a accepté et les parents ont pu dormir pendant que les enfants regardaient le film.

Je dois ici mentionner que des liens se forment dans un si long voyage. Nos voisins passagers, qui avaient bu, on bien dormi! Et ils étaient d’excellents conseillers pour toutes nos questions. L’équipe de Karaté était inspirante à regarder et leur coach un excellent gaillard.

Finalement, nous avons voyagé, de San Juan del Sur jusqu’à Antigua pendant 23 heures, 19 heures d’autobus! Heureusement, nous sommes tombés en amour avec le Guatemala et adorons chacune de nos journées.




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